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20.10.2007
Hécatombe
Tout d'abord, j'avais écrit un long roman sur cette fade soirée de ce soir mais justement j'ai été trop long et tout a été effacé... Je suis au bord de la crise de nerfs mais j'ai décidé de tout recommencer, par ambition démesurée.
Je vais avoir du mal à retrouver mes mots mais on va bien s'en sortir.
Donc je disais que comme tout vendredi, cette soirée fut incertaine car on ne sait jamais s'il y aura du monde ou pas. Ce qui est certain, c'est qu'on a aucune personne d'obédience judaïque pratiquante pour cause de shabbat et que c'est déjà ça. Ce soir fut un soir comme ça, mais pas non plus le genre de soir où Khadija te renvoit tout le monde chez soi parce qu'elle croit qu'il va y avoir personne que tu te retrouves avec un tsunami de personnes affamées de crèmes glacées que même Amorino ils ont jamais ça chez eux.
Bref mais ce soir, pas de ça. Non par contre, on a eu un E. particulièrement bourré et surtout qui squatta jusqu'au bout, ne voulant croire qu'il n'y aurait personne pour voir la France perdre à nouveau au rugby. Donc, avec tous les collègues arrivant pour travailler, on dut se résoudre à se montrer actif. Je fis semblant de ranger des choses tandis qu'Itri faisait semblant de faire tourner des machines à laver avec qu'une tasse dedans, qu'Amine fit semblant de servir des gens dehors, qu'Alioune faisait semblant d'être bon au Blind Test et que, heureusement, Léa ne faisait pas semblant de nous raconter sa rupture d'avec Marcelo, le latino fou de parties érotiques à plusieurs, et de sa folle nuit à Arras où elle chopa le premier nordiste venu.
En parlant de chopine, E. se prit une scène de ménage de la part de P. qui ne renia pas ses origines portugaises pour le coup (oui vous avez le droit de rire à ce trait d'esprit. Pour les autres, ménage = Portugaise en France, ah ah vous pouvez rire maintenant avec tous les gens dotés d'un humour compréhensif). Ainsi, un appel téléphonique vint troubler l'hébétitude d'E. debout devant le bar. Moi j'étais en face de lui, voilà ce que j'ai pu déduire de leur conversation houleuse :
E. (bourré) : Allo ??
P. : Tu reviens quand ?
E. : Je sais pas, mais ne m'attends pas pour dîner.
P. : Ah La puta madre de Cristiano Ronaldo y de Miguel Pauleta reunidos ! (grosse insulte au Portugal) Mais tu fais quoi encore ? Tu es où ? Avec qui ?
E. : Oh mais tu vas pas encore t'imaginer des choses, arrête de te faire des films un peu. Je suis à la boutique, j'attends de voir s'il y a du monde !
C'est à ce moment-là que je suis allé faire semblant de scraper les bulks mille fois scrapés parce que je sentais que je gênais. Mes sources m'ont apprises que ce scénario durait depuis l'après-midi... hmmm...
Finalement, E. a fini par quitter le navire et c'est alors qu'un OUF de soulagement général fit trembler la boutique tellement il était puissamment soufflé. Sauf que comme il n'y eut en effet personne, Léa ne revêtit même pas son uniforme de Wonder HD Woman, Alioune partit faire la fête plus tôt (sans embarquer la clé du vestiaire cette fois-ci parce qu'Itri lui avait promis ses couilles dans le blender à la prochaine faute de ce type) et Amine prétexta encore n'importe quoi pour aller se coucher. Itri resta un peu plus, le temps de pousser des petits rires nerveux de type "Hi hi ! Hi hi" entendables tout de même depuis l'étage de HD à chaque essai Argentin. Après, il partit et le calvaire solitaire débuta pour moi. Khadija décida de ne se consacrer, une fois de plus, qu'à son objet préféré et je vous laisse deviner quoi : son ... qui a dit vibromasseur ? ... non, son téléphone portable ! Qu'elle chouchouta en le surnommant "Poussin" ou "Bébé d'amour" tout le reste de la soirée tandis que je me tapais tout le nettoyage sauf la machine à crêpes que je vais mettre au moins autant de temps que la machine à chantilly à amadouer, c'est-à-dire plusieurs mois. Le courant ne passe pas entre nous...
Afin de finir en beauté ce récit que je me tape pour la deuxième fois, je vous remercie de compatir, deux scènes cocasses rien que pour vous en bonus.
Alors deux Américaines plutôt pas dégueulasses à regarder (pardon du vocabulaire mais il est 5h passé) me demandèrent où trouver un bar karaoke dans le coin. J'ai failli leur sortir qu'on en avait un à HD en la personne de Khadija mais j'eus peur de ne rire que pour moi-même et du coup qu'elles ne prennent pas le soin de me demander mon numéro à la fin de notre entrevue. Bon mais je leur ai quand même dit que j'allais demander à la manager. Lorsqu'elles descendirent de l'étage où elles étaient installées pour payer, elles furent devancées par le fameux couple Minet dont je vous reparlerai une autre fois (la fille est une copie parfaite de Natalie Imbruglia et le mec une copie parfaite d'un pauvre naze fade et riche, bref le couple imparfait mais minet). Tandis que les Minets passent à la caisse, je demande à Khadija l'adresse d'un bar karaoke. Cette dernière me hurle qu'elle n'en connaît point. C'est alors que M. Minet (pas Bernard, mais le minet de HD) me dit qu'il y en a un à Châtelet. Je lui demande alors de bien vouloir l'indiquer à ces jeunes Américaines à côté de lui. Et voici à peu près ce qu'il se passa :
M. Minet (Hurlant dans l'oreille de l'Américaine placée à côté de lui mais qui lui tournait le dos sans savoir qu'il allait lui adresser la parole) : Châtelette !!! Do you know Châtelette ???
La Classe Américaine (se retournant brusquement, l'air bouleversé, le visage figé) : Aaaaaaaaaaaaaaaaah ! What ? Please don't hurt me, don't rape me !! Take what you want ! My money, my bag, even my friend but not me ! (bon elle a pas vraiment dit ça mais c'est ce qu'exprimait sa tête d'Américaine outrée)
M. Minet : I know a karaoke bar in Châtelette !
La Classe Américaine (qui comprend enfin que Minet ne veut pas la violer mais juste être sympa) : ah ok ok, yes yes, thank you thank you (elle répètera ce monologue jusqu'à ce qu'il termine enfin de lui expliquer, faisant mine de comprendre et enregistrer ce qu'il lui racontait).
Bon mais en tout cas, moi j'ai trouvé cela drôle et, comme la scène du dentiste qui croit que Khadija est dans la cave alors que c'est Alioune, je pourrai avec plaisir, sur demande orale, vous la rejouer dans les conditions du direct, live from HD.
Pour finir avec le dentiste, il est encore passé ce soir. Il a pris trois brownies et a difficilement dragouillé puisque Singstar 1979 faisait ses caisses. C'est alors que, le raccompagnant à la porte, nous conclurent tous les deux cette désertique soirée par une morale à toute épreuve : l'argent pourrit définitivement les relations sociales, pire les relations amoureuses. C'est ainsi que votre humble serviteur vous quitte, achevé par tant de mots écrits si tard.
Corentin
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